Thriller fantastique
Ebook thriller fantastique
Déchéances chasseurs d'anima

Et si une émotion pouvait vous posséder ?

Après six mois de séparation, Enzo Circelli retrouve son ancienne coéquipière, Maé Benga.

Alors qu'il imagine pouvoir enfin tenir sa promesse et empêcher Maé de sombrer, la némésis de cette dernière refait surface. Et avec elle, Amalthée, l’organisation de Phobias.

Entraîné malgré lui dans la spirale de vengeance de sa partenaire, Enzo va devoir choisir : suivre Maé jusqu’au bout quitte à tout risquer, ou bien l’arrêter et ainsi la trahir.

Et si la colère de Maé finissait par la transformer ?

Avis

Ce que les lecteurs en disent...

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À venir... En attendant, voici les avis laissés pour le tome 1 :

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Déchéances

Chasseurs d'Anima

Déchéances, le deuxième tome de la trilogie Chasseurs d’Anima, vous plonge dans un thriller fantastique et psychologique sans temps mort. Entre quête de vengeance, soif de justice, trahisons et remises en question, son intrigue vous emmènera de révélations en révélations.

Si vous aimez les personnages torturés et les univers sombres, vous adorerez la série Chasseurs d’Anima.

Personnages roman Apparences

Les personnages

  • Enzo a beaucoup évolué depuis le premier tome. Il a notamment acquis une totale maîtrise de son don de Sensible. Ce qui n'a pas changé, c'est sa fascination pour sa partenaire. Une admiration mêlée de crainte. Jusqu'où irait-il pour la suivre ? Irait-il jusqu'à se compromettre au sein de l'agence ?
  • Maé est totalement bousculée dans ce tome. La raison ? Sa némésis réapparaît. Avec elle, tout son passé. Ce qui l'a poussée à devenir chasseuse d'Anima, et la raison qui la pousse à vouloir éradiquer tous les Phobias sur terre. Avec ces traumatismes qui refont surface, Maé parviendra-t-elle à conserver son sang-froid ?

L'histoire

  • L'intrigue tourne autour de la vengeance et de la déchéance, à la fois des personnages, mais aussi de leur univers.
  • Le roman promène le lecteur depuis Annecy jusqu'au coeur de l'Auvergne.
  • De sombres secrets sont dévoilés dans ce tome, aussi bien en rapport avec Orcus qu'avec Amalthée
  • Les choix que vont opérer Maé et Enzo les conduiront à questionner leur moralité. Rien n'est tout blanc ou tout noir, dans les Chasseurs d'Anima.

Chapitre 01

Aperçu

Faites défiler le texte pour découvrir le premier chapitre de Déchéances... Et voir si l'aventure vous appelle !

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CHAPITRE 1

Oraison funèbre

Les gouttes de pluie glacées s’écrasaient sur les jonquilles et parsemaient leurs pétales jaunes de petites loupes frémissantes.
Enzo ne pouvait détacher ses yeux des fleurs. À côté d’elles, la photo du défunt montrait un homme trop souriant, posant fièrement derrière un barbecue dans un cadre végétal, une spatule à la main. Comment cette image d’Épinal pouvait-elle représenter l’un des leurs ? Comment cet agent avait-il réussi à camoufler sa vie aux yeux de sa famille ? Se faire passer pour un barbu jovial, insouciant et bon vivant, un Français moyen avec une existence normale ?
Autour du cercueil, une quarantaine de chasseurs d’Anima s’était rassemblée ; ses frères d’armes. Même maintenant, les proches de Dimitri Moleski devaient demeurer dans le secret ; aussi, Enzo, comme les autres, prétendait n’être qu’un simple collègue de boulot.
Rien de plus vrai, après tout. Si l’on exceptait la nature du job en question.
La veuve avança d’un pas vers la tombe et commença à parler. Enzo leva la tête vers elle. Quelqu’un l’abritait de son parapluie. Pourtant, des gouttes mouchetaient la feuille de papier qu’elle tenait. Des larmes ou la pluie ? Parvenait-elle encore à déchiffrer les mots qu’elle avait choisis pour l’oraison funèbre, ou bien les taches les rendaient-elles illisibles ?
Agrippé à son manteau, un petit garçon en costume noir, cinq ou six ans, pas plus, conservait un visage fermé. Il ne pleurait pas.
L’espace d’un instant, Enzo se projeta à la place du mort. S’il pouvait les voir, tous rassemblés ici, que penserait-il ? Se sentirait-il mal à l’aise de constater que, jusqu’au bout, il avait trompé les siens ? Que jamais ces derniers ne connaîtraient la vérité ?
Il se frictionna les bras, transi par le froid de ce début décembre.
— À la naissance de Théo, notre fils, tu as planté un noyer derrière la maison, continuait l’épouse de Dimitri d’une voix tremblante, exhalant un petit nuage de buée à chaque phrase. C’était ta manière à toi de célébrer cette nouvelle vie. Au printemps, quand la neige fondait, des jonquilles fleurissaient au pied de cet arbre. Tu disais que la nature elle-même fêtait l’anniversaire de Théo. Mais je savais bien que tu les y avais mises toi-même.
Elle rit et renifla en même temps.
— Tu étais apprécié par tes collègues de travail et tes amis t’ont toujours entouré, poursuivit-elle. Pour preuve, tous ceux que je vois ici t’accompagner une dernière fois, tous ces visages qui te regrettent déjà. Merci à vous d’être venus, ça me touche, et Dimitri aussi, j’en suis sûre.
Elle marqua une courte pause avant de continuer :
— Quand tu as eu ton premier accident, il y a quatre ans, quelque chose s’est brisé. Tu n’as plus été le même. J’ai tenté de te faire parler, mais tu n’arrivais pas à trouver les mots pour partager avec moi ce que tu ressentais. Tu t’es absenté plus souvent. Tu prenais des chantiers ailleurs, de plus en plus loin, qui duraient de plus en plus longtemps, et je me demandais ce que tu essayais de fuir. Pourtant, tu ne nous as jamais abandonnés. Même au plus mal, tu es resté avec nous, tu t’es accroché. Je sais que tu as toujours cherché à nous revenir. D’ailleurs, dans les moments qui comptaient, tu répondais présent, et les jonquilles fleurissaient chaque année.
Elle se tut encore quelques secondes pour recouvrer son contrôle et refouler ses sanglots. Gêné, Enzo détourna la tête. Il y a quatre ans, Dimitri n’avait pas subi un accident sur un chantier de construction ; il était tombé sur un Phobia. Il y a quatre ans, quand il avait frôlé la mort, il était devenu l’un des leurs, un Sensible.
Un éclat rouge dans la foule attira le regard d’Enzo ; il fronça les sourcils. Tout à droite, derrière l’un des formateurs d’Orcus, n’était-ce pas Maé ? Il se pencha légèrement. Des tresses africaines avec une mèche grenat, un air boudeur, une cigarette coincée entre les lèvres et un blouson de cuir détrempé par la giboulée : si, aucun doute. Il sourit malgré lui. Que son ancienne partenaire ait effectué le déplacement le surprenait. Elle qui détestait la foule, d’ordinaire ! Sa présence tombait à pic. Il devait lui parler.
Son voisin se moucha et Enzo reporta à nouveau son attention sur la scène.
— Tu nous as appris la résilience, continuait la veuve. Tu n’aurais pas voulu nous voir tristes. Je crois que tu n’es pas loin, juste de l’autre côté du chemin. Cet accident de trop n’a pas coupé le lien fort qui nous unit, il a simplement épuisé le temps dont je disposais pour te dire à quel point je t’aime. Quand j’aurai besoin de ta présence, je sais que je te trouverai non loin des jonquilles, en train de veiller sur ton noyer chaque printemps.
Sa voix se fêlait de plus en plus.
— Nous ne t’oublierons pas, et tu resteras à jamais dans notre cœur, acheva-t-elle, visiblement incapable d’émettre un son de plus.
Elle saisit la pelle qu’on lui tendait et jeta un peu de terre mouillée sur le bois d’orme, avant de passer l’outil à celui qui se tenait à ses côtés.
Quelqu’un derrière Enzo chuchota « malum exstirpamus ». « Nous éradiquons le mal », la devise d’Orcus. De nouveaux murmures s’élevèrent autour de lui en l’honneur de l’homme tombé au combat, et les lèvres d’Enzo formèrent les mêmes mots. Il ne connaissait pas bien Dimitri, ne l’avait croisé qu’une seule fois depuis son entrée dans l’agence, deux ans et demi plus tôt. Pourtant, enterrer l’un des leurs lui rappelait combien leur vie pouvait s’avérer précaire. L’existence qu’ils partageaient, terrible, fragile, les unissait.
Voilà sans doute pourquoi Maé était venue, en dépit de toutes ses réticences.
Enzo profita de la dispersion de la famille pour se rapprocher d’elle.
— Salut, hérisson.
Elle se tourna vers lui et découvrit ses dents en un sourire éclatant.
— Salut, le bleu, rétorqua-t-elle de sa voix chaude.
Enzo se pinça les lèvres. Il resterait toujours le bleu, pour elle, n’est-ce pas ? Quant à elle, elle conserverait sans doute pour lui son statut de mentor. Entre autres… Sa présence à quelques centimètres de lui l’électrisait. En dépit de ces six derniers mois sans la voir, rien n’avait changé ; il éprouvait encore ce même tiraillement dans la poitrine.
— Tu n’étais pas à la réunion annuelle. Je ne pensais pas te trouver ici, remarqua-t-il d’un ton léger.
— Bof, les sauteries, c’est pas mon genre. Là, c’est pas pareil. Si les Sensibles ne viennent pas pour honorer l’un des leurs, qui d’autre le fera ?
Enzo parcourut ce qui restait de l’assemblée des yeux. À part quelques instructeurs d’Orcus, les seuls « officiels » qui pouvaient se montrer au grand jour, on dénombrait assez peu de chasseurs qui ne soient pas des Sensibles, en effet. Au sein même de l’agence, ces derniers conservaient une image de pestiférés, quand bien même leur rôle s’avérait primordial.
— Tu aurais quelques minutes à m’accorder, ou bien tu es pressée ?
Au moment où Maé s’apprêtait à lui répondre, une voix féminine s’éleva derrière lui.
— C’est tout ? Vous êtes sérieux ? On ne va pas en rester là, si ? Moi, je le connaissais bien, Dimitri. Sa femme a raison, tout cet étalage de tristesse ne lui ressemblait pas, il aurait voulu qu’on se rassemble autrement qu’autour d’un cercueil ! Vide, qui plus est. Qui m’accompagne ? Il y a une auberge, à la sortie du village, on va boire un coup ?
Il se retourna vers la jeune femme qui venait de prendre la parole. En raison d’une blessure occasionnée lors d’une mission, Charlotte conservait des lésions aux vertèbres, ce qui lui valait de ne plus aller sur le terrain depuis plusieurs années. Malgré tout, chaque Sensible passait par ses cours, au centre d’entraînement, et elle demeurait écoutée et respectée parmi les chasseurs.
Quelques chuchotis se firent entendre. À présent, il ne restait plus que les agents d’Orcus dans le cimetière ; une seconde cérémonie était prévue ailleurs, plus intime, cette fois. Quelques-uns déclinèrent l’invitation et s’éloignèrent. Les autres approuvèrent.
Enzo se retourna vers Maé :
— On suit Charlotte, nous aussi ?
Il venait tout juste de la retrouver. Ces six mois passés sans elle ressemblaient à une longue traversée en apnée. Elle ne pouvait pas s’éclipser tout de suite !
— Qui ?
Il leva les yeux au ciel.
— Tu exagères. Charlotte, celle qui vient de parler. Tu sais qu’elle te voue une admiration sans bornes ?
Maé haussa les épaules.
— Je ne vois pas pourquoi. Je ne faisais que mon job.
Il sourit. Ainsi, elle se souvenait bien.
— Oui, comme nous tous. Mais tu l’as sauvée, ça compte. Tu as beau montrer les dents, les gens se sentent redevables, dans ce genre de situation. Allez, viens, fais pas ton hérisson.

***

La boue accrochée à leurs chaussures laissait des empreintes sur le plancher de l’arrière-salle de l’établissement ; étant donné le nombre de clients providentiel en ce jeudi midi, le gérant ne trouverait rien à y redire, espéra Enzo. La pièce, toute lambrissée de bois, lui évoqua l’intérieur d’un cercueil ; pensée stupide, car il manquait le satin. Et puis, Dimitri lui-même ne verrait jamais l’intimité d’une telle boîte…
La trentaine de personnes encore présentes s’assit. Toutes étaient serrées comme des sardines, avec des mines… eh bien, des mines d’enterrement. On se taisait. Nul ne savait de quoi parler. Une fois de plus, Charlotte brisa le silence.
— Allez, Dimitri ne crachait pas sur du bon vin. Moi, je vais prendre un petit verre de blanc sec, pour l’apéro. Qui veut quoi ?
Elle passa la commande pour le groupe. Les bouteilles arrivèrent, les langues se délièrent et les visages reprirent vie, peu à peu.
Enzo s’était installé en face de Maé. Nicolas, le premier partenaire de la chasseuse, l’un des rares non-Sensibles qui avaient accepté de se joindre à eux, se trouvait à côté d’elle. Il semblait toujours aussi décalé avec son costume impeccable et sa canne-épée, comme s’il se trompait de siècle. Malgré tout, il ne fallait pas se fier aux apparences : ici, il restait l’un des plus anciens, l’un de ceux qui cumulaient le plus d’expériences.
À sa gauche, Nadia, une collègue de la promotion de Dimitri qu’Enzo avait croisée lors d’un stage, s’abîmait dans sa boisson.
Le nouveau coéquipier de Maé, lui, demeurait aux abonnés absents, de même que celui d’Enzo. Sans doute refusaient-ils de perdre leur temps précieux pour une cérémonie dédiée à un vulgaire Sensible.
— Il y avait quand même vachement plus de monde, pour son partenaire, grommela Enzo.
Pourquoi les considérait-on si peu ? Enzo comprenait bien que l’on craigne ce que l’on ne connaissait pas, et lui-même avait mis un moment à apprivoiser le don qui l’habitait ; tout de même, ils étaient dans le même bateau, Sensibles ou non.
— Ça t’étonne ? demanda Nadia.
— Non. Ça m’agace.
Comme s’ils avaient choisi leur condition ! Maé haussa les épaules, mais ne dit rien, toujours aussi peu loquace.
— Vous savez ce qu’ils chassaient, quand c’est arrivé ? interrogea Nadia, qui dessinait des motifs sur la condensation de son verre. Pour Samuel, au moins, on avait un corps à mettre en bière… Un Phobia anthropophage ?
— Ils enquêtaient sur Amalthée, répondit Nicolas d’un ton posé.
Enzo tressaillit. Un an et demi plus tôt, Maé et lui-même avaient découvert l’existence de cette organisation secrète de Phobias, dont le but proclamé était de renverser l’humanité. Depuis, pourtant, malgré leur rapport, ils n’en avaient plus entendu parler. Les monstres qu’ils traquaient ne semblaient pas les connaître. Et Orcus ne communiquait pas à ce sujet, Enzo se demandait d’ailleurs s’ils avaient pris le problème au sérieux.
— Ils ont dit quoi, à la veuve, pour justifier l’absence de corps ?
La question de Nadia plomba une fois de plus l’ambiance.
— Le prétendu accident n’a rien laissé de présentable, la dame n’a vu que le cercueil fermé, répondit Nicolas.
Comment connaissait-il tous ces détails ? Ce chasseur en costard semblait bien informé.
— C’est le second dont on ne retrouve pas la dépouille, non, si je ne m’abuse ? remarqua Maé, qui pour une fois s’impliquait dans une conversation. Avec Assim, il y a trois semaines ? Pourtant, c’était pas du tout dans le même coin. Il enquêtait aussi sur Amalthée ?
Enzo plissa les yeux. La voilà, la vraie raison de la présence de Maé. Elle ne venait pas du tout pour témoigner de sa solidarité, mais pour investiguer.
Nicolas hocha la tête en signe d’acquiescement.
— Petit cachottier, tu ne serais pas sur le coup, toi ?
Il sourit et posa un doigt sur ses lèvres.
— Classé top secret. Je ne peux rien vous dire.
— Allez, pas à nous, renchérit Nadia. Tu peux bien nous faire confiance, non ? Tu sais, les infos circulent. On est tous au courant de l’existence d’Amalthée.
— Je me doute bien. C’est pour cette raison que je ne peux rien dire.
Il les regarda tour à tour, le visage neutre. Maé leva les yeux au ciel et avala le fond de son verre.
— Il vous fait marcher, dit-elle en se resservant.
— D’accord, reconnut-il, je ne suis pas sur l’affaire. Du reste, à ma connaissance, les équipes de Dimitri et d’Assim étaient les seules sur Amalthée. Je trouve étrange qu’Orcus n’y mette pas plus de moyens. Enfin, je ne maîtrise pas tout, ça vaudrait le coup de se renseigner, ça m’intéresse, cette histoire.
— Tu n’es pas le seul.
Enzo se cala sur le dossier de sa chaise.
— À mon avis, Orcus ne bouge pas trop pour l’instant, lâcha-t-il. Ils se contentent d’étudier la situation. C’est aux mains des administratifs, point.
— Qu’est-ce que tu en sais ?
Enzo jaugea rapidement Nicolas. Pouvait-il lui faire confiance ? Comme si elle avait deviné son questionnement, Maé le rassura d’un clin d’œil.
— Allez, accouche.
Il hésita encore un moment, puis se lança.
— Je fais de la veille. Une habitude qui me vient de mon boulot de civil, dans l’informatique. J’avoue que depuis qu’on a approché certaines créatures d’Amalthée, je recherche des indices qui me permettraient de découvrir un schéma dans les attaques des Phobias, quelque chose qui nous mènerait sur la piste de l’organisation.
— En gros, tu fais des devoirs supplémentaires, le taquina Nadia. Toujours vouloir être le premier de la classe.
— Et tu as trouvé quelque chose ? demanda Nicolas.
— Que dalle. Jusqu’à il y a deux jours. J’avais programmé un logiciel pour sonder Internet, sur des mots-clefs pertinents. Il m’a repêché un document sur un serveur planqué dans le Dark Web. Il émanait d’Orcus, vu l’en-tête. Le temps que je l’enregistre et que je retourne voir s’il y avait autre chose, les gars de la boîte avaient tout coupé et tout redirigé. Ils sont pas mauvais niveau sécurité.
— Tu nous fais languir… Y avait quoi dessus ?
— C’était le compte-rendu d’une réunion entre des responsables d’Orcus et leurs homologues à l’international. Sans nom, bien sûr. Il évoquait la stratégie à employer si jamais Amalthée révélait au monde l’existence des Phobias. Une vingtaine de pages, rien que sur ce sujet, je vous jure. Rien sur la manière de les retrouver ou de les arrêter, en revanche. Juste ça.
Nicolas se pencha vers lui et posa ses deux avant-bras sur la table.
— Ça ne veut pas dire qu’ils n’y réfléchissent pas pour autant. Il doit y avoir d’autres dossiers que celui-là, qu’on ne connaît pas.
— Oui, des dossiers, c’est bien ça, le problème. C’est pas avec des études qu’on va les arrêter. Ça ne vous file pas les jetons, à vous, qu’Amalthée rassemble les Phobias dans le but de renverser les humains ?
— Mouais. Je sais bien que c’est ce que vous ont dit les deux Phobias que vous avez affrontés à Deauville, mais je ne comprends pas bien comment ils s’y prendraient, contesta Nadia. Vous avez déjà vu des monstres coopérer, vous ?
— Non, confirma Nicolas. Et en théorie, c’est impossible, les émotions qui les possèdent les rendraient incompatibles, ils entreraient en frénésie et finiraient par s’entre-déchirer. Cela dit, ils ont peut-être trouvé un moyen.
— Vous n’y étiez pas, réagit Enzo, mais je vous assure que ceux qu’on a éliminés avec Maé se sentaient sûrs de leur coup. Ils prétendaient qu’Amalthée allait nous mettre une sacrée raclée, ils y croyaient dur comme fer. Ils n’auraient pas été si confiants sans une bonne raison.
— Peut-être.
— Et pendant ce temps, nous, on tergiverse. Tu l’as dit toi-même, Nicolas, tu n’as pas eu vent d’autre mission de terrain sur ce sujet. J’ai appelé les collègues que je connais, et je te le confirme, il n’y a rien. Ils attendent quoi ? Que ce soit trop tard ? Qu’Amalthée ait rassemblé assez de monstres pour monter une armée ?
— J’avoue que je trouve ça léger, moi aussi.
— Alors ils foutent quoi, à Orcus ? s’indigna Nadia.
— Bonne question ! s’écria Enzo. Maintenant, on sait que, sur les deux affaires qui se rapportaient à Amalthée, quatre chasseurs sont morts, et pour la moitié d’entre eux on n’a pas retrouvé les corps. Ça ne vous paraît pas étrange, à vous ? Les seuls cas où les cadavres disparaissent, c’est quand il s’agit d’attaques de Phobias mangeurs d’hommes. Ça devrait nous permettre de réduire la liste, non ? Ce ne sont pas les plus courants.
— Sans doute, dit Nadia d’un air songeur.
— Je sens que t’as une idée derrière la tête, lança Maé.
Enzo lui sourit. Elle le connaissait bien.
— Oui. J’ai construit un forum protégé et crypté. Je vous propose d’échanger là-dessus les informations qu’on trouvera sur Amalthée, au fur et à mesure de nos missions. À force de nous rendre sur le terrain, on va bien finir par rassembler des indices, non ? Comme ça, on avancera sur le sujet, et quand Orcus nous mettra officiellement sur le coup, on ira plus vite. Qu’est-ce que vous en pensez ?
— En gros, tu suggères de travailler dans le dos d’Orcus, résuma Nicolas d’un ton réprobateur.
— Moi, je trouve que c’est une bonne idée, approuva Nadia. On ne fait rien de mal, on échange entre nous sur quelque chose qui pourrait intéresser l’agence.
— Je me dis qu’à nous tous, on sera sûrement plus efficaces, expliqua Enzo.
— Pourquoi pas ? dit Maé. Encore faudrait-il que tout le monde joue le jeu.
— On peut au moins compter sur les Sensibles ici, assura Nadia. J’en fais mon affaire. Tu nous envoies le lien du forum comment ?
Enzo sortit une feuille froissée de son costume.
— Il est là. À l’ancienne… Ça ne laissera pas de trace.
Nadia se saisit du papier et se leva.
— Je vais demander à Charlotte en premier. Je suis sûre qu’elle sera emballée et avec son bagout, elle arrivera à persuader les autres.

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