Livre jeunesse
Casimir le vampire
Casimir le vampire

Les crocs, c’est important pour faire peur.

Ça fait partie de la panoplie de tout vampire qui se respecte, avec la cape et les cheveux bien coiffés.

Alors quand Casimir découvre qu’il a perdu ses crocs de lait, il panique. Sans eux, c'est comme s’il avait perdu une partie de son identité !

Et si tout le monde se moquait de lui, à l’école des petits monstres ?

Pour ne rien arranger, la maîtresse annonce que la photo de classe aura lieu le lendemain.

C’est décidé : Casimir va tout faire pour récupérer ses crocs à temps. Hors de question d’avoir un sourire à trous sur le cliché !

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Collection

Drôles de frissons

Drôles de frissons

Drôles de frissons propose des histoires pleines de mystère et de tendresse, pour apprivoiser ce qui fait un peu peur… même quand on n’a ni crocs ni griffes.

Dès 7 ans (lecture accompagnée)

8 à 10 ans (lecture autonome)

Monstres drôles de frissons

Couverture et illustrations intérieures : Rachel McQuade

Chapitre 01

Aperçu

Faites défiler le texte pour découvrir le premier chapitre de Casimir le vampire... Et voir si l'aventure vous appelle !

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CHAPITRE 1

Le drame des quenottes

Ils bougent depuis plusieurs jours, déjà. Casimir les sent trembler, fragiles.

Ce soir, c’est encore pire. Chaque fois qu’il passe la langue dessus, ils branlent un peu plus, se penchent de travers, comme s’ils voulaient s’enfuir.

« Il faut prendre soin de tes crocs, c’est important », lui dit toujours Maman.

C’est pourtant bien ce qu’il fait ! Il les brosse après chaque repas, de la gencive vers la pointe, comme on le lui a appris.

Son sourire terrible, c’est ce qui fait de lui un vampire digne de ce nom. Ce qui le rend fier. Il ne veut surtout pas l’abîmer !

Alors, pourquoi ses canines tiennent-elles à peine en place, en ce moment ?

Tout à l’heure, au dîner, un petit *CRAC* a résonné au moment où il perçait sa briquette de jus de tomate. Il n’a rien dit, même s’il a eu un peu mal.


Il est à présent l’heure de se laver les dents, et Casimir craint le pire. Et si ses crocs ne tenaient pas le choc ?

Armé de sa brosse à dents, il se raisonne. Rien de dramatique ne peut se passer. Après tout, il ne fait qu’en prendre soin. Et quand on prend soin des choses, il ne peut rien leur arriver, pas vrai ?

Avec précaution, il brosse une première fois ses quenottes. Un geste léger, tout doux, presque un effleurement. Jusque-là, tout va bien, elles tiennent bon.

Casimir reprend confiance ; il frotte un peu plus fort. Oh, pas trop, juste assez pour les polir et les rendre brillantes.

Ouf ! Tout s’est bien passé !

Soulagé, Casimir attrape le gobelet et se rince la bouche. Quand il recrache dans l’évier, deux tintements inquiétants l’alertent.

Casimir se tend.

Non, ce n’est pas vrai !

Il baisse les yeux, alarmé, et sursaute d’épouvante.


Pas de doute ; au fond de l’évier gisent ses deux canines de vampire.

Horreur !

Deux pauvres quenottes perdues, arrachées à leur nid !

Seul dans la salle de bains, il contemple le désastre. Son cœur s’emballe.

— Maman ! appelle-t-il, affolé. Maman, viens voir, f'est horrible !

Désespéré, il tente de voir le résultat dans le miroir. Mais bien sûr, aucun vampire n’a jamais vu son reflet dans la glace. À quoi peut-il bien ressembler, sans ses jolis crocs ? Quel monstre cela fait-il de lui ?


Maman accourt, alertée par ses cris de détresse. Paniqué, Casimir lui montre les deux trésors perdus dans l’évier. Il a envie de pleurer.

— J'ai perdu mes dents, Maman !

Maman l’enlace avec tendresse.

— Ce n’est rien, mon chéri. Tous les petits vampires perdent leurs crocs de lait. C’est tout à fait normal.

— Mais comment je vais faire, à l’école ? Tout le monde va fe moquer de moi !

Catastrophe ! Voilà qu’il ne peut même plus parler comme il faut !

— Mais non, ne t’inquiète pas, tout le monde passe par là.

Casimir se recule, inquiet. D’un geste ample, il se drape dans sa cape et prend son regard le plus terrifiant.

— Je fais encore peur ? lui demande-t-il.

— Oh ! Bien sûr ! Tu es le vampire le plus effrayant que je connaisse.


Casimir se relâche un peu.

Pas longtemps.

Maman le trouve effrayant, mais qu’en sera-t-il des autres enfants, à l’école ? Auront-ils la même opinion ? Peut-être que Maman lui dit ça pour lui faire plaisir…

— Écoute, mon grand, pourquoi ne mets-tu pas tes crocs sous ton oreiller ? reprend Maman.

— Pour quoi faire ?

— Pour la fée des dents, lui révèle Maman dans un sourire mystérieux.

Un soulagement intense s’empare de Casimir. Une fée des dents ? Voilà une bonne nouvelle ! Sans doute va-t-elle lui réparer la bouche !

Demain, il aura des crocs tout neufs. Personne ne s’apercevra du drame qui vient de le frapper.

Rassuré, il va se coucher. Il place avec soin ses deux canines sous son oreiller, bien l’une à côté de l’autre, et se couche. Satisfait, il rabat le couvercle de son cercueil et s’endort.


Toute la journée, il rêve de jus de tomate à profusion, de crocs bien luisants et de fées bienveillantes qui recollent ses dents.

Au crépuscule, quand le soleil se couche, lui se lève et s’étire. Premier réflexe : il tâte ses gencives.

Sa cape se hérisse d’effroi.

Là où ses crocs se dressaient, fiers et redoutables, il n’y a toujours rien. Rien d’autre que deux trous tout mous. Pourquoi ? Qu’est-ce qui a pu mal tourner ? La fée des dents n’est pas passée… Peut-être n’avait-elle plus de colle magique pour les lui refixer.

Fébrile, il soulève son oreiller. À la place de ses canines se trouvent deux pièces d’argent.

Quelle est cette escroquerie ?


Casimir les saisit et se précipite dans la cuisine. À table, Papa et Maman boivent leur tasse de jus chaud.

— Papa, Maman, regardez ! s’écrie-t-il en brandissant les deux pièces. La fée des dents f'est trompée ! Elle m’a donné fa au lieu de réparer mon fourire !

Papa pouffe de rire en l’écoutant. Maman le fusille du regard.

— C’est normal, rassure-t-elle Casimir, c’est comme ça qu’elle fonctionne, la fée des dents. Elle ramasse tes crocs de lait et te donne des pièces en échange.

— Mais… et mes canines, alors ? demande Casimir, paniqué.

— Bientôt, tu en auras d’autres. Encore plus grandes, lui promet Papa.

Casimir fronce les sourcils.

— Tu es fûr ?

— Certain, répond Papa en lui tendant son bol de jus de framboise.

— Dans combien de temps ?

Maman hausse les épaules.

— Quelques mois, tout au plus. Le temps qu’elles poussent. Sois patient. Allez, dépêche-toi, tu vas être en retard à l’école.


Casimir se raidit. Plusieurs mois ? Autant dire une éternité ! Ses copains vont se moquer de son sourire édenté, c’est sûr.

— Je crois que je fuis malade, ment-il. Peut-être que je devrais refter à la maison.

— Casimir… gronde Maman. Tu ne peux pas te cacher pour toujours. Allez, prépare-toi vite, et on y va. Je te promets que ça va bien se passer, avec tes amis.

Casimir fait la moue, boudeur. Papa et Maman ne comprennent rien. Ce ne sont pas eux qui vont devoir affronter les regards des copains, à la récré. Ce ne sont pas eux non plus qui vont postillonner devant tout le monde, à cause de ces deux trous.

Il termine son petit déjeuner en silence. Le jus de framboise, qu’il adore d’habitude, n’arrive même pas à le consoler.

Une fois dans la salle de bains, il plisse les yeux devant la glace.

Oh, comme il aimerait voir à quoi il ressemble, dans ce miroir ! Vérifier si la différence saute aux yeux, ou s’il peut la cacher !

D’un geste machinal, il se brosse les dents… Du moins, celles qui restent. Puis il enfile sa cape, attrape son cartable en forme de chauve-souris, et va dans l’entrée.


Papa et Maman l’attendent déjà. Il se place à côté d’eux et ferme les yeux.

Un *POUF* théâtral, et les voilà devant les grilles de l’école.

— À tout à l’heure, mon Croquinou ! lance Maman avant de disparaître dans un nouveau nuage de fumée.

Casimir se tourne vers l’entrée. Déjà, ses camarades arrivent. Esther la sorcière file sur son balai. Alison la dragonne bouscule tout le monde dans un grand fracas d’ailes. Dimitri le monstre sous le lit passe comme une ombre.

Casimir gonfle ses poumons. La nuit promet d’être difficile.

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