octobre 27

Halloween : ce que tout le monde devrait savoir sur ses origines

0  commentaires

Si je vous dis "Halloween", vous pensez citrouille, déguisement, décorations dignes d'un manoir hanté et soirée films d'horreur, pas vrai ? L'impression qui vient immédiatement est que cette fête nous a été importée des Etats-Unis, qu'elle est arrivée en France à la toute fin des années 90 et qu'elle est surtout commerciale (eh oui, c'est finalement très récent... Si je vous disais que petite, je ne la fêtais pas ? ça vous donne une idée de mon grand âge...).

Mais depuis le temps qu'on en parle et qu'elle fait débat, on sait qu'il n'en est rien. Enfin si, elle est maintenant effectivement surtout commerciale 😆 Mais on sait qu'en réalité elle prend racine en Europe. Jusqu'où va votre connaissance sur ses origines ?

Pour l'écriture de mon roman Le Portail, je me suis penchée sur cette fête, puisqu'elle sert de cadre à mon histoire. Voici ce que j'en ai appris :

Halloween ou la christianisation d'une fête païenne celte

Halloween, d'où vient ce mot ?

Si ce mot ne peut trouver aucune traduction, on repère facilement ses consonances anglaises.

C'est effectivement une contraction du vieil anglais All Hallows-Even, soit the eve of All Hallows' Day en anglais contemporain, ce qui peut se traduire comme « la veille de tous les saints » ou « la veillée de la Toussaint ».

Ah, donc pas de mystère, Halloween est une fête chrétienne, donc ? Pas si vite...

Pourquoi la Toussaint tombe un 31 octobre ?

La Toussaint n'a pas toujours été fêtée le 1er novembre. Cette date a été adoptée à partir des VIII et IXème siècles, alors que la religion chrétienne s'imposait en Europe. Vous voyez où je veux en venir ? Auparavant, la Toussaint pouvait se célébrer après Pâques ou après la Pentecôte.

Alors que la religion monothéiste tentait d'imposer ses pratiques et croyances, de nombreux rites païens celtes persistaient (là, dans la tête, j'ai justement l'image du petit village gaulois qui résiste, vous voyez duquel je parle ? 😆). La population avait notamment coutume de célébrer, fin octobre - début novembre, la fin de l'été et des moissons, le passage entre la période ensoleillée et celle plongée dans le sombre de l'hiver... Ces festivités se nommaient Samhain, elles duraient sept jours (trois jours avant la pleine lune, trois jours après et le jour J, bien sûr) en Irlande, Ecosse et Grande Bretagne ou trois jours en Gaule (ce qu'on appelait les tri nox samoni - les trois nuits de Samhain, ou trois nuits de novembre, puisque Samhain est le mot pour novembre dans les langues gaëliques).

L'Eglise, condamnant les rites païens, mais se trouvant dans l'incapacité de les interdire, a judicieusement déplacé l'une de ses fêtes à cette période, pour christianiser le tout. Les malins... Evidemment, ils ont choisi celle qui célèbre les morts, histoire de rester raccord...

mort

Samhain ou le passage entre le clair et l'obscur

Mais durant Samhain, au juste, on fêtait quoi ?

Cette fête célébrait la fin des jours longs, et le début de l'obscurité de l'hiver (au contraire de Beltaïne, qui est son opposé et qui prend place début mai). C'était le passage entre le clair et le sombre, une sorte de nouvel an pour les celtes. La nuit de Samhain se situe entre deux mondes, elle n'appartient ni à l'année qui vient de se terminer, ni à la suivante.

Les croyances de l'époques (surtout en Irlande) établissaient que lors de ce moment particulier, deux mondes se croisaient, devenaient pénétrables l'un par l'autre : celui des vivants, et l'autre monde, celui des esprits, appelé le Sidh. Les fantômes perdaient ainsi leur invisibilité et les humains pouvaient communiquer avec les esprits, ou les habitants du Sidh (dieux ou démons).

esprits

Lors de Samhain, un mortel au destin exceptionnel pouvait être invité à visiter le royaume des immortels, le Sidh, guidé par une Bansidh, gardienne entre les deux mondes. Mais le temps se déroulant différemment dans le Sidh, lorsqu'il revenait son corps était mort depuis longtemps et il avait donc simplement disparu aux yeux de ses contemporains.

Samhain est un moment où les morts et les esprits évoluent donc parmi les vivants. La fête, dirigée par les druides celtes, commandait d'éteindre le feu dans tous les foyers pour éviter d'attirer les esprits errants dans les maisons, pendant qu'on allumait un grand brasier sur la place principale du village, dans un cercle sacré. à l'issue de la cérémonie, chaque famille retournait chez elle avec des braises encore chaudes pour rallumer son propre feu, ainsi "purifié", sans crainte d'attirer le mauvais oeil et pour pouvoir commencer l'année naissante sous les meilleurs auspices.

à la lumière de ces informations, on comprend aisément d'où Halloween tire ses symboles et histoires, non ?

Les symboles d'Halloween issus des rites païens

La citrouille : le légume remplaçant

La fête d'Halloween (enfin, les reliques de ce qui restait de Samhain) a été introduite aux États-Unis et au Canada après l'arrivée massive d'émigrants irlandais et écossais, notamment à la suite de la Grande famine en Irlande (1845-1851).

Elle devient de plus en plus populaire à partir des années 1920, et c'est sur le nouveau continent qu'apparaissent les lanternes Jack-o'-lanterns, confectionnées à partir de citrouilles, d'origine locale.

Citrouilles sculptées Halloween

Mais les cucurbitacées n'ont pas toujours été la star d'Halloween. En Europe, c'étaient les navets que les Irlandais creusaient (bien plus volumineux que ceux qu'on peut trouver en France), et au coeur desquels ils plaçaient une bougie, censée éloigner les mauvais esprits. Les Gaulois, eux, sculptaient de grosses betteraves. Cette tradition a perduré jusqu'au milieu du XXème siècle en Bretagne et dans le Finistère, avec des légendes qui ne sont pas sans évoquer le Sidh : l'Ankou, esprit malin venu de l'Autre Monde, terrifiait les enfants.

Ainsi, les bougies dont on décore les entrailles de ces différents légumes ont comme objectif d'éloigner les mauvais esprits.

Les histoires qui font peur

En matière d'histoires qui font peur, Halloween est probablement la période de l'année la plus féconde.

Vous connaissez le nom qu'on attribue aux citrouilles creusées avec une bougie à l'intérieur : les Jack o'lanterns. Mais savez-vous quelle légende se cache derrière ce nom ?

Jack-o'-lantern provient d'un vieux conte Irlandais, déjà mâtiné de christianisme comme vous allez voir.

L'histoire dit que Jack, personnage détestable (avare, ivrogne, méchant et égocentrique) aurait poursuivi le diable pendant cinq bonnes années pour obtenir ses faveurs. Un soir, alors qu'il était dans une taverne, le diable lui apparut et lui réclama son âme en paiement de ses services. Jack demanda au diable de lui offrir à boire, un dernier verre avant de partir pour l'enfer. Le diable accepta (il faut avouer que c'est un bon bougre, visiblement !) et se transforma en pièce de six pence pour que son interlocuteur puisse se payer son coup à boire.

Si vous me posez la question, je vous avoue que c'est bien un peu stupide de sa part, mais passons.

Jack saisit la pièce (le diable, donc) et la fourra immédiatement dans sa bourse. Cette dernière ayant une serrure en forme de croix (mais où peut-il aller chercher tout ça ??!!), le diable ne pouvait s'en échapper. Il râlait et criait, ses hurlements donnant à Jack une aura d'autant plus ténébreuse. Finalement, Jack accepta de libérer le diable, à condition que ce dernier lui accorde dix ans de plus à vivre. Le diable accepta (ai-je déjà dit que c'était un bon bougre ?).

Dix ans plus tard, Jack fit une autre farce au diable (décidément, il se laisse bien facilement duper, celui-là), le laissant en haut d'un arbre sur le tronc duquel il avait gravé une croix grâce à son couteau (l'histoire ne dit pas comment il a pu attirer ce nigaud sur cet arbre...) jusqu'à ce qu'il lui promette qu'il ne le poursuivrait plus.

Lorsque Jack mourut enfin, l'entrée au paradis lui était refusée (après tout, c'était un personnage exécrable), et le diable refusa également de le laisser entrer en enfer (en même temps, il serait temps qu'il commence à se méfier). Jack réussit néanmoins à convaincre le diable de lui donner un morceau de charbon ardent afin d'éclairer son chemin dans le noir. Il abrita le charbon dans un navet creusé en guise de lanterne et fut condamné à errer sans but, jusqu'au jour du jugement dernier.

C'est ainsi qu'il fut nommé Jack of the Lantern (Jack à la lanterne, en français), ou Jack-o'-lantern. La légende dit qu'il réapparaît chaque année, le jour de sa mort, à Halloween.

Jack o lantern

Vous vous demandiez d'où venait cette tradition de se raconter des choses effrayantes le soir d'Halloween ? Ne cherchez plus, vous avez trouvé 🙂

Un bonbon ou un sort ? (en anglais : trick or treat)

Mais qu'est-ce qui pousse nos chers petits monstres à nous braquer en nous sommant de leur donner des friandises de cette façon ? Ce n'est pas poli du tout, cela ne se fait pas 😜 Plaisanterie à part, savez-vous d'où vient cette tradition ?

Là encore, le principe vient des Celtes et des offrandes qu'ils faisaient aux esprits pendant la fête de Samhain. Cette pratique a été combinée à une ancienne coutume anglaise appelée souling. À l’époque médiévale, des mendiants passaient de village en village et demandaient des soul cakes (gâteaux d’âmes en français), de petits pains garnis de baies de cassis. En contrepartie, ils priaient pour l’âme des ancêtres de ceux qui leur offraient ces gâteaux. Et en Irlande, si jamais les familles aisées refusaient d'aider les plus pauvres, ces derniers leurs réservaient parfois des "plaisanteries"...

Bonbons Halloween

La coutume gauloise était également de laisser une assiette supplémentaire à table pour les morts qui visiteraient leur famille. Bon, en revanche, on n'y trouvait aucun bonbon gélifié ou acide (les seconds sont mes favoris 😆).

Se déguiser pour évoluer au milieu des morts

J'ai gardé la plus visible des coutumes d'Halloween pour la fin : se déguiser. C'est vrai, quoi, les histoires et légendes, OK pourquoi pas, les légumes défigurés, bon, passons, aller réclamer des bonbons à tout le monde, mouuuais, si vous voulez, mais se déguiser en truc effrayant et moche ?? Mais... Pourquoi ?

à l'origine, ce n'était pas pour se faire peur, mais bien pour passer inaperçus au milieu des esprits qui envahissaient notre monde la nuit de Samhain qu'on se déguisait. Ainsi, impossible de se faire persécuter par ces entités malfaisantes, puisqu'elles nous prennent pour l'une d'elles.

Voilà, c'est aussi simple que ça !

Déguisement Halloween

J'avoue que personnellement, si j'apprécie Halloween pour son folklore populaire et sa propension à faire naître des histoires effrayantes, j'adore tout particulièrement me replonger dans ses origines mystérieuses, au coeur de Samhain et à la croisée des mondes...

Et vous, qu'est-ce que vous préférez faire pour Halloween ?

(si vous n'avez pas d'idée je peux vous conseiller de précommander mon roman Le Portail, qui parle justement de ce sujet et reprend certaines mythologies originelles 😜)



{"email":"Email address invalid","url":"Website address invalid","required":"Required field missing"}

A découvrir également :

J’ai lu : Les Evaporées de Cécile Duquenne

Dans la tête de l’auteur

>